Les moocs, la ruine de l’université ?

Ce billet, rédigé par Caroline Jouneau-Sion et Chloé Manceau, de l’ENS-Lyon, se concentre sur les effets des Moocs en France.

Après avoir rappelé ce qu’est un Mooc (un cours en ligne, d’une durée limitée dans le temps, reposant sur le principe de gratuité, dont l’accès est ouvert à tous les publics), ce texte pose deux questions essentielles.

1) Les Moocs étant couteux à produire et gratuits pour les apprenants, comment les financer ?

Une étude de Christine Vaufrey citée dans ce billet démontre que ce qui revient cher aux universités est le « temps-homme consacré à la conception, mais aussi à l’animation et à l’accompagnement des apprenants, et au suivi technique des enseignants et des étudiants. ». C. Vaufrey évalue à plus de 200 heures le temps passé par un enseignant à la préparation d’un Mooc. Pour résoudre cette question du financement, l’université de Michigan fait par exemple payer la certification, via un badge reçu par l’apprenant après avoir terminé son Mooc. D’autres pistes existent, développées dans ce billet. Quoi qu’il en soit, pour les deux auteures, un financement par les étudiants resterait « moins onéreux qu’une année d’études dans une grande ville universitaire » : en effet, ceux-ci s’épargneraient notamment des frais de logement et de transport.

2) Que vont devenir les campus et leurs protagonistes ?

Du côté des étudiants, plusieurs questions se posent.

Faut-il envisager un nouveau rôle pour les universités, celui d’accompagner et d’aider «  les apprenants d’apprendre à apprendre » ? Selon les auteures du billet, suivre les cours en ligne exige de la part des étudiants une grande autonomie. De fait, les étudiants les plus à même de réussir les Moocs sont les plus brillants des universités. On constate déjà que le manque de formation des utilisateurs est la cause d’un taux élevé d’abandons.

Autre problème, les Moocs ne délivrent pas de diplômes pour l’instant, ne pouvant donc se substituer aux cursus universitaires.

Enfin, les campus ne sont-ils pas aussi des lieux de sociabilité, d’apprentissage de la vie d’adulte « qui ne peuvent être transférés sur un espace numérique » ?

Alors, les Moocs annoncent-ils la « ruine » de l’université ou une opportunité de renouveau pour celle-ci ? Optimistes, Caroline Jouneau-Sion (ENS-Lyon) et Chloé Manceau (ENS-Lyon) semblent y voir davantage une « renaissance » pour elle.

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